forteresses de graines

S’il est des plantes qui ont énormément profité des chaudes et sèches journées de cet été, ce sont bien les espèces épineuses de chardons, cirses et cardères. Elles ont atteint des tailles et des densités impressionnantes. En fin de saison, je n’ai pas coupé leurs hampes sèches, laissant, d’une part, leurs graines se ressemer au jardin mais surtout, servir de garde-manger aux oiseaux, une fois la froidure arrivée. 

Les cardères (Dipsacus fullonum) sont la cible préférée des chardonnerets, ces superbes oiseaux à la parure exotique tant elle est colorée. Ils s’abattent en bandes sur les inflorescences sèches, faisant fi des aiguillons acérés qui les hérissent, à la recherche des graines nourricières. Ils arrivent en piaillant, se bagarrant bruyamment, avant de se percher sur l’épi choisi et de le dépiauter consciencieusement.

Mais ce n’est pas le seul atout de ces épineuses forteresses. La silhouette ébouriffée des chardons des ânes (Onopordum acanthium) dessine de sinueuses lignes graphiques sur les cieux hivernaux et scintille sous l’assaut des premiers givres. Ils ont aussi été dépiautés par les chardonnerets mais un peu plus tôt dans la saison. Leurs graines plumeuses qui ont survécu à leur voracité se sont éparpillées sous les bourrasques d’automne, ne restent plus que leurs hautes tiges aux capitules desséchés. Parfois, une mésange en maraude s’y perche, à la recherche d’une hypothétique graine oubliée.

Ces divers spectacles justifient amplement la dispersion toujours plus nombreuse des plants de chardons, cardères et autres au jardin.

 

Je réalise d’habitude toutes les photographies de mes chroniques, sauf celles des oiseaux qui sont tirées de l’excellent site : www.oiseaux.net et publiées avec l’accord de leur auteur que je remercie infiniment.