En ces chaudes journées d’été, nulle autre bestiole n’est aussi crainte et honnie que la guêpe commune. Ce petit insecte vrombissant, à la livrée noire et jaune, qui tournicote autour de nos agapes sucrées suscite une répulsion instinctive, vraisemblablement souvenir de quelque piqûre ancienne.

Du coup, notre aversion se porte souvent sur toute bestiole noire et jaune qui ressemble de près ou de loin à cette fameuse guêpe. Or il existe un certain nombre d’insectes tout à fait inoffensifs qui, pour se protéger des prédateurs, se déguisent en adoptant des formes et des couleurs similaires à celles des « guêpes ». C’est ce qu’on appelle le mimétisme batésien, un mimétisme qui consiste pour un organisme inoffensif à imiter un organisme nocif pour éviter d’être attaqué. On estime que les prédateurs, comme les oiseaux, associent la couleur noire et jaune à la piqûre des hyménoptères et s’en tiennent ainsi éloignés.

Les syrphes sont des mouches de formes très diverses et certaines d’entre elles ressemblent à s’y méprendre à des guêpes avec leurs superbes rayures noires et jaunes. Ce sont des experts de la pollinisation qui fréquentent une large palette de plantes à fleurs. Que les syrphes soient trapus ou filiformes, ils ont deux ailes et une forme compacte sans le rétrécissement marqué de la « taille de guêpe ».

Ce superbe et paisible longicorne arbore deux élytres délicatement striés de noir et jaune. Bien que sa forme s’éloigne de celles des guêpes communes, il bénéficie néanmoins de cette ingénieuse stratégie de défense.

Même l’énorme araignée qu’est l’épeire fasciée utilise ce subterfuge. Son imposant abdomen, aux tout aussi imposantes rayures, lui vaut parfois la dénomination suggestive d’argiope frelon.

Le profond désamour de la gent humaine envers les guêpes communes et toutes les autres bestioles noires et jaunes est lié à la méconnaissance de ces créatures alors que ce mimétisme batésien atteste de l’incroyable complexité du monde vivant.