Alors que les nuages noirs s’amoncellent toujours plus dans le ciel du monde et de nos humeurs, je choisis de me mettre au diapason des couleurs du jardin, je choisis de voir la vie en rose.
La floraison des ancolies se termine et leurs têtes ébouriffées arborent un rose désuet, qui rappelle un peu une vieille dame anglaise. Quant aux églantiers, ils se parent chaque jour de nouvelles fleurs d’une coloration éthérée, qui pâlit encore plus lorsque les corolles se déploient.
Du coté des géraniums c’est toute une symphonie de formes et de couleurs qui surgit des hautes herbes. Il y a des roses tendres, des roses layette, des teintes bien plus joyeuses, intensément brillantes et d’autres qui flirtent avec les nuances violettes.
Et puis il y a les délicates, ces fleurs qui présentent de subtils dégradés de roses sur leurs pétales courbes, qui les strient de fines lignes plus foncées, le tout dans un alignement complexe, comme le font les esparcettes.
Viennent ensuite les roses pétants, ces couleurs qui, comme des coups de semonce, éclatent au milieu de la verte végétation. Ces coloris intenses rehaussent autant les délicats pétales des silènes que les corolles opulentes des œillets des poètes qui déploient toute une bigarrure de magentas.
Une balade, au petit matin, au milieu des floraisons de ce mois de juin remplit les yeux de couleurs et met ainsi du baume à l’âme.