Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent, colchiques dans les prés, c’est la fin de l’été.
Nombreux sont ceux d’entre nous qui, aux premiers jours d’école, ont entonné cette ritournelle d’un autre temps. Il faut croire que ces fameux colchiques étaient alors tellement répandus qu’on leur ait dédié une chanson.

Aujourd’hui, dans toute la région, je ne connais qu’une seule prairie où les colchiques fleurissent encore en nombre. Je m’y suis rendue au petit matin alors qu’elles s’éveillaient sous la rosée. Ici et là, pointaient dans l’herbe dense, de petits groupes de fleurs d’un tendre rose violacé.

Les plants de colchique ont la particularité de faire jaillir en automne seulement leurs fleurs sans aucune feuille ni tige. Les pétales d’abord resserrés en forme de lance, s’étalent ensuite révélant de longs pistils dorés, ce qui lui vaut parfois la dénomination de « safran des prés ». Après floraison, la plante disparaît sous terre et continue sa vie dans un organe de réserve, le corme. Elle resurgit au printemps toute en feuilles et avec des gros fruits verts.

Les feuilles des colchiques très semblables à celle de l’ail des ours, mais sans le fameux parfum aillé, occasionnent chaque année des confusions pouvant se révéler mortelles. En effet, les plants de colchique sont vénéneux, ils contiennent un puissant alcaloïde, la colchicine, dont les propriétés toxiques et médicinales sont connues depuis l’antiquité.

Ce matin, dans ma prairie, les colchiques se déclinaient dans tous les tons, du mauve le plus tendre au rose le plus intense…et surprise, un seul et unique plant aux fleurs blanches !