balais de sorcière

Dans les combes alentours il y a quelques reliques de tourbières qui n’ont pas été asséchées au siècle dernier. Ces milieux humides se repèrent de loin grâce à la présence des arbres typiques de ces biotopes, les bouleaux.

En ces temps où les arbres sont encore dégarnis, la silhouette gracile de leur tronc blanchâtre se détache sur la futaie sombre. Leurs fines branches ont des allures arachnéennes sur les fonds de ciel.

Leur écorce, à nulle autre pareille, est d’un blanc éclatant sur lequel se dessinent des mondes en dégradés gris et noirs. L’alternance de ces taches blanches et sombres forment des zébrures fantasques qu’on pourrait croire apposées par des coups de pinceaux inspirés d’un artiste rêveur.

Sur certains bouleaux, on trouve de curieuses boules formées d’un enchevêtrement de fins rameaux d’aspect chevelu. Il s’agit d’une maladie cryptogamique qui porte le nom évocateur de « maladie du balai de sorcière ».

J’ai des doutes quant à l’implication des sorcières …par contre cette sphère pubescente est l’œuvre d’un champignon (Taphrina betulina) qui infecte le jeune arbre. Celui-ci réagit en formant une excroissance qui va très rapidement et très densément se ramifier. Sur les vieux arbres ces balais peuvent atteindre des tailles considérables.

J’aime l’élégance singulière des bouleaux de nos tourbières.