fleurs d’arbres

Lors de nos promenades, nous avons tous déjà eu l’occasion de contempler les fruits des arbres de nos forêts tels les glands des chênes, les faines des hêtres ou les samares des érables. Or s’il y a des fruits, c’est qu’il y a eu auparavant des fleurs mais de ces fleurs d’arbres nous n’avons que peu d’idée. Si ces floraisons passent inaperçues pour la plupart d’entre nous, c’est qu’elles ont lieu bien en hauteur, qu’elles sont souvent de couleurs verdâtres et qu’elles se dissimulent au milieu du déploiement des jeunes feuilles.

Notre hêtre (Fagus sylvatica) a un système reproducteur à sexes séparés ; sur le même arbre il y a des fleurs mâles et des fleurs femelles de formes différentes. Les fleurs mâles sont de petites boules duveteuses qui pendouillent au bout des rameaux. Elles confient leur précieuse cargaison de pollen aux souffles du vent pour espérer féconder une fleur femelle. Celles-ci sont de petites cupules vertes ornées de pointes molles qui en mûrissant vont se transformer en une bogue épineuse renfermant les graines, les appétissantes faines. Ce sont ces bogues que l’on retrouve par milliers sur les sentiers l’automne venu.  

Les chênes confient eux aussi leurs joutes amoureuses aux vents. Les chênes pédonculés (Quercus robur) qui poussent au jardin sont aussi monoïques. Leurs fleurs mâles sont de longs chatons pendants couverts d’étamines jaune vif alors que les fleurs femelles, très petites, ne se remarquent presque pas à l’aisselle des feuilles. Ce sont pourtant elles qui après fécondation vont se transformer en ce fruit plus que connu, le gland. Nombreux sont ceux qui ont des souvenirs de bricolages enfantins à l’aide de ces fameux glands.

Les érables ont des modes de reproduction diversifiés. L’érable le plus commun, notre érable des montagnes (Acer pseudoplatanus) est hermaphrodite. C’est à dire que ses fleurs portent en même temps des organes mâles et femelles. Ces minuscules fleurs sont disposées en grappes pendantes et produisent un nectar qui favorise la pollinisation par les insectes et non plus par le vent. 

Après fécondation, les fruits se développent par paire et s’ornent de larges ailes membraneuses ; ce sont les samares tant appréciées des enfants pour leur énigmatique chute en hélice. Ces amours botaniques se produisent bien au-dessus de nos têtes mais peut-être qu’en levant les yeux apercevront nous quelques-unes de ces mystérieuses fleurs d’arbres.