s’y pique ! Ces dernières journées de février sont grises et maussades et pourtant une irrésistible envie de jardiner me taraude. Je profite d’une accalmie entre deux trombes d’eau pour élaguer les buissons qui se sont un peu trop étalés l’an passé. Mais ceux-ci ne sont apparemment pas du même avis que moi et m’agrippent de toutes parts.

Nos églantiers sont devenus énormes et les vielles branches sèches sont légion mais il me faut les approcher avec circonspection. En effet tous les rameaux des plus fins aux plus épais sont hérissés d’aiguillons crochus et piquants.

Le langage commun désigne sous le nom d’épine tout organe végétal dur et pointu susceptible de piquer alors qu’en botanique on différencie les aiguillons des épines. Les aiguillons sont des piquants, qui peuvent être de formes très diverses, qui émergent de sous l’écorce des tiges comme c’est le cas chez les églantiers, les rosiers ou les ronces.

Les épines sont des organes transformés en pointes dures et piquantes, comme chez le prunellier (Prunus spinosa), ce petit arbuste hérissé d’épines sombres, effilées et orientés en tous sens. Sa silhouette noirâtre et spinescente lui a valu le surnom d’épine-noire.

Les épines peuvent porter fleurs et feuilles. On voit bien sur cette photographie du piquant groseillier à maquereaux (Ribes uva-crispa) que chaque épine forme la base d’un bourgeon de feuille, prêt pour le printemps proche.

Les arbustes d’épine-vinette (Berberis vulgaris) aux fleurs et fruits tellement attirants sont bardés d’épines triples plus que redoutables. Vous comprenez aisément que ma tâche aux milieux de tous ces végétaux prêts à se défendre n’est pas sans risques !